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Les documents de la Société

La Société archéologique et historique propose documentation et références sur des sujets d'actualité ou de recherche

De mémoire d'homme,

tempête et raz de marée

Qui se souvient du samedi 16 novembre 1940 en baie de Bourgneuf, il n'y a guère que 70 ans ? Vent violent de suroît, baromètre à 718 m/m, marée de 85 "seulement" : la Cosnière submergée, la digue de l'Epoids rompue, inondation des polders et dégradation des terres cultivables, coupure de l'électricité et du téléphone, destruction de maisons aux Moutiers, échouages de bateaux sur les quais de Pornic où 1 mètre d'eau envahit la basse ville...

Le phénomène naturel connu en ancien français sous le nom de "vimer", tempêtes de force exceptionnelle causant des désastres énormes, est attesté depuis la période médiévale, c'est-à-dire depuis les premières traces écrites conservées. Sur nos côtes, le premier serait celui du 5 juin 577, mais c'est surtout depuis le XVIe siècle que les ravages de la mer sur les côtes sont attestés dans les archives. La chronologie de ces tempêtes dévastatrices est régulière, depuis l'Ancien Régime jusqu'à la période contemporaine. Et toujours, les infrastructures sont atteintes, les terres situées au-dessous de la mer submergées. La mémoire humaine est décidément bien défaillante, et si des catastrophes comme celle que l'on vient de connaître le 28 février nous émeuvent et interpellent les consciences, l'historien n'a pas attendu pour informer sur les événements du passé et rappeler que l'histoire est là pour guider le présent et préparer l'avenir.

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Pour en savoir plus sur les vimers en baie de Bourgneuf : Lacroix Louis, La baye de Bretagne, Luçon, 1942, p.89-95.

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L'impact du monde atlantique sur les "Anciens mondes" africain et européen du XVe au XIXe siècle

Colloque international : Cité internationale des congrès, lundi 7 juin 2010 et Université de Nantes, bâtiment Tertre, amphithéâtre E,

mardi 8 et mercredi 9 juin 2010

Loin d'être clos le monde atlantique, formé entre le XVe et le XIXe siècle, entretenait des relations étroites avec la Méditerranée, l'océan Indien et le Pacifique. Sa spécificité résidait toutefois dans la conjonction de trois grands phénomènes historiques dont les effets croisés ne se retrouvent nulle part ailleurs : la colonisation européenne, la traite négrière, l'esclavage racialisé. Cette symbiose a produit en retour des modifications plus ou moins profondes des « Anciens Mondes » d'où sont parties massivement les populations ayant le plus transformé le « Nouveau Monde ». Le colloque a pris le parti de renverser les perspectives en se centrant sur l'analyse des transformations des mondes africains et européens à cause de leur profonde insertion dans des dynamiques transatlantiques. La réflexion proposée se veut un appel aux historiens africanistes et européanistes à mobiliser leur expertise pour enrichir un débat largement ouvert en lui assignant une direction peu usitée et en rassemblant ainsi toute la communauté historienne concernée par l'histoire atlantique.

Renseignements et inscription : www.univ-nantes.fr/js2010,

Cliquez sur Colloques, puis sur Colloque n°10

Contacts: Guy Saupin, CRHIA-U. Nantes, guy.saupin@univ-nantes.fr

Cécile Vidal, CENA-EHESS Paris, cecile.vidal@ehess.fr

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Noël pour le patrimoine et l'archéologie

Annoncé depuis longtemps, le plan patrimoine de la ville de Nantes a été rendu public, par voie de presse, en octobre dernier : prise en compte du patrimoine au sens le plus large possible, définition d'une véritable politique publique, renforcement de la direction créée il y a un an par le recrutement de trois archéologues et le redéploiement d'une dizaine de postes. Si l'on peut regretter l'épisode « Nantes Renaissance », pour le moins peu diplomatique, c'est plutôt une bonne nouvelle pour l'archéologie et l'histoire de Nantes ; on sent une volonté d'agir, dans le bon sens, avec un souci de concertation. La Société archéologique et historique attend, comme d'autres, la mise en place du conseil nantais du patrimoine, annoncé pour 2010, et qui devra participer à la définition et à la construction du projet municipal, comme l'indique S. Junique, adjoint au patrimoine. On retiendra aussi, dans la présentation de ce plan, les mots concertation, anticipation, communication, autant d'actions dont nous avons très tôt souligné l'importance dans le domaine qui nous occupe.

(décembre 2009)

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Nantes réconciliée avec l'archéologie ?

Au lendemain des journées du patrimoine, des questions restent posées.

Plusieurs chantiers ouverts en ce moment à Nantes sont autant d'occasions d'en connaître un peu plus sur le passé de la ville. Mais les fouilles archéologiques ne sont pas toujours prescrites sur les sites en question et la communication sur la réalité des travaux effectués souvent absente.

Un chantier, situé place Dumoustier et à proximité immédiate de l'ancien couvent des Cordeliers, est cependant scientifiquement organisé et est susceptible d'être riche en révélations. Pourtant, le projet de « rénovation » des derniers vestiges de l'église des Cordeliers, les trois chapelles "espagnoles" encore visibles côté sud de la des Cordeliers, laisse perplexe sur l'avenir de ce monument remarquable de l'histoire de Nantes.

La Société archéologique et historique a publié dans ses bulletins plusieurs études qui permettent d'en savoir plus sur ce site : un premier article de S. de La Nicollière-Teijeiro en 1877 , un autre de Ferdinand Brault en 1925 accompagné d'une étude archéologique de Paul Jeulin, publiée en 1925-1926. L'histoire du site est parfaitement connue, et l'intérêt des vestiges encore présents n'est plus à démontrer. On peut s'étonner qu'au moment où l'archéologie semble être enfin reconnue dans notre bonne ville, des projets propres à dénaturer le patrimoine architectural puissent encore voir le jour.

S. de La Nicollière-Teijeiro, Essai historique sur l'église des Cordeliers de Nantes, démolie en 1874, Bulletin tome 16, année 1877, p.137-171, avec plan du quartier (voir ci-dessous).

Ferdinand Brault, Le couvent des Cordeliers de Nantes, étude historique, Bulletin tome 65, p.165-193, avec plan de l'église.

Paul Jeulin, L'ancien couvent des Cordeliers de Nantes de 1791 à 1925, étude archéologique, Bulletin tome 65, année 1925, p.195-215 et tome 66, année 1926, p.133-145.

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Hommage à Armel de Wismes

Une figure de l'histoire de Nantes disparaît

Distingué, courtois, plein de gentillesse et d'humour, ainsi restera pour ceux qui l'ont connu le baron Armel de Wismes, dont la réputation d'historien de Nantes et de la marine n'était plus à faire. Par ses écrits, il a participé à la diffusion du passé nantais à un large public ; car il était avant tout un conteur, tant par la plume que par le verbe, et qui ne l'a pas entendu lors d'une de ses causeries a manqué un grand moment. Il était artiste autant par sa prose que par son coup de crayon, qu'il devait peut-être à son arrière grand-père le baron Olivier de Wismes, archéologue éminent et membre de notre Société archéologique et historique dans le bulletin de laquelle il avait publié de remarquables compte rendus de fouilles. La famille d'Armel de Wismes a également donné à la société plusieurs de ses membres, notamment le baron Gaëtan de Wismes, président à la fin du XIXe siècle. C'est donc un peu un membre de notre famille qui nous a quitté et qui, lui aussi à sa manière, a participé à la grande aventure de l'écriture de l'histoire. Nous formulons le vœu que sa mémoire et celle de sa famille soit préservée et conservée pour les générations futures.

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