Société Archéologique et Historique de Nantes et de Loire-Atlantique

Les documents et éditoriaux de la Société

La Société archéologique et historique propose documents et éditoriaux sur des sujets d'actualité ou de recherche
La Dame de cœur
(mai 2018)
Il n'aura échappé à personne que ce printemps 2018 a été marqué par le vol du précieux reliquaire d'Anne de Bretagne, heureusement retrouvé avec les autres objets volés nuitamment du 13 au 14 avril, au terme d'une enquête menée avec diligence en une semaine. La crainte de la perte définitive du reliquaire, sans doute voué à la fonte, nous a maintenus dans un état d'incertitude et d'inquiétude et la Société a partagé avec le conseil départemental, auquel elle a témoigné son soutien, un grand soulagement lorsque le reliquaire a été exhumé de la terre dans laquelle il avait été enfoui près de Saint-Nazaire. Ce vol, commis par des mains indignes et des âmes à tout le moins inconscientes de la dimension de cet objet insigne et de la portée de leur geste, restera dans les annales. Il reste maintenant à élucider les circonstances de cette affaire qui constitue un épisode supplémentaire de l'histoire déjà mouvementée de ce reliquaire, pièce hautement symbolique de l'histoire régionale et nationale (voire au-delà...), objet emblématique du musée départemental auquel la Société est historiquement attachée. C'est, en effet, en 1886 que le reliquaire d'Anne de Bretagne a intégré les collections du musée archéologique, lui-même fondé en 1849 puis donné par la Société au Département en 1860.
La dimension sacrée de l'objet a laissé place à « l'objet historique d'État » avec la Révolution, puis à l'œuvre d'art, ou objet de musée, comme l'a montré l'article de Jean-François Caraës publié dans la livraison 2007 du Bulletin annuel de la Société, dont la relecture est salutaire. Il convient d'ajouter que, quoiqu'il ne soit pas un objet juridiquement protégé au titre des monuments historiques, le reliquaire est un monument au sens étymologique du terme : associé à un tombeau - celui de François II et de Marguerite de Foix -, il perpétue le souvenir d'Anne de Bretagne et, tant que tel, constitue un document-témoin du pouvoir ducal, auquel s'ajoute la dimension sacrée de la royauté. Or, les regalia, ou insignes royaux, font partie des monuments décrits au début du XVIIIe siècle, avant que le terme ne recouvre une réalité architecturale.
C'est pourquoi la Société a souhaité ouvrir le cycle 2018-2019 de ses conférences avec la somme de Jacques Santrot, Les doubles funérailles d'Anne de Bretagne, parue aux éditions Droz en 2017 et primée par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de l'Institut de France. Le 18 octobre prochain, la Société aura l'occasion d'adresser ses félicitations à l'auteur et d'écouter la conférence qu'il prononcera, intitulée cette fois : « Les triples funérailles d'Anne de Bretagne ».
Le cycle 2018-2019 des conférences de la Société fera ensuite la part belle aux auteurs ; ce seront autant d'occasions de découvrir leurs ouvrages et de bénéficier de séances de dédicaces. Il me semble intéressant, en effet, de permettre aux publics - j'emploie le terme au pluriel à dessein - d'avoir accès à l'actualité historiographique et de susciter un échange privilégié avec les auteurs. L'histoire de l'art sera un axe fort, mais sans exclusive : les biographies et thématiques abordées assureront la variété des propos, ainsi qu'en atteste le programme ci-joint.
Il me reste à préciser que la conférence du 17 mai prochain, avant l'été, sera consacrée à la brasserie La Cigale, foyer bien connu de la vie artistique et culturelle nantaise. Elle sera prononcée par Lucie Voisin, en lieu et place de celle de Bernard Michon, reportée au mois de novembre 2018.
La livraison 2018 du Bulletin, quant à elle, sera présentée aux Archives départementales le 20 septembre, après le congrès de Pornic (6-8 septembre) qui s'annonce sous les meilleurs auspices. Son programme, très riche, comprend deux volets : Pornic et le pays de Retz, d'une part ; Littoral et transformations paysagères, d'autre part. D'ici là, bel été à toutes et à tous !
Solen Peron, présidente

Son « cœur » volé et retrouvé : Anne de Bretagne à nouveau parmi nous
(avril 2018)
Après une semaine d'inquiétude, au terme d'une enquête menée avec diligence, nous avons assisté à l'heureux dénouement de l'affaire : le retour du précieux reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne et des autres objets volés, que la presse nous dits être préservés dans leur intégrité.
La société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique partage avec le conseil départemental un grand soulagement.
La crainte de la perte définitive du reliquaire sans doute voué à la fonte, à laquelle s'ajoutaient les conjectures nous maintenaient en effet, depuis huit jours, dans un climat d'inquiétude.
Ce vol exceptionnel restera dans les annales. L'apaisement sera complet lorsque sera connu l'épilogue de cette affaire qui constitue un épisode supplémentaire de l'histoire déjà mouvementée de ce reliquaire, pièce hautement symbolique de l'histoire à l'échelle du duché breton et du royaume de France, objet emblématique du musée départemental auquel la Société est historiquement attachée.
Cette affaire a pu renouveler l'attachement de tous à cet objet de mémoire qui nous est si familier et que nous espérons pouvoir contempler à nouveau.
Jean-François Caraës, « Un cœur pour mémoire... courte - petite histoire du reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, t. 142, 2007, p. 115-122. Lire [3]
Depuis la parution de cet article, le statut juridique du reliquaire a été tranché : il est désormais entré définitivement dans les collections du musée Dobrée comme dépôt antérieur à 1910.
Département de Loire-Atlantique, Musée Dobrée, Le cœur d'Anne de Bretagne, SilvanaEditoriale, 2014.
Jacques Santrot, Les doubles funérailles d'Anne de Bretagne, le corps et le cœur, Genève, Droz, 2017. Prix des Antiquités de la France 2018 (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de l'Institut de France).

Documents et éditoriaux passés :

Archéologie urbaine (mai 2011) [13]

Nantes réconciliée avec l'archéologie ? (septembre 2009) [17]

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